Festival des Hospitaliers 2014
C'était un objectif de cette année 2014, après l'abandon sur l'Ultra Trail di Corsica. C'était un objectif d'autant plus que je revenais sur des terres quittées il y a quelques mois - d’où le nom de mon blog.
Arrivé quelques jours avant, j'ai retrouvé avec plaisir le Larzac, le Causse Noir et Millau, sous le soleil et les parapentes évidemment.
2h du mat' et des flocons d'avoine, je me prépare tout doucement à rejoindre le joli village aveyronnais de Nant pour me présenter au départ du Festival des Hospitaliers.
La température nocturne et la météo annoncées sont correctes, le sac n'est donc pas encombré d'une veste et d'un pantalon de pluie.
Top départ et comme d'hab', je pars comme si c'était un semi marathon tellement je suis frais physiquement et moralement. La nuit avale le peloton de 500 coureurs.
Au 4ème km, le trail commence vraiment avec l'entame d'une montée qui en durera 8 et nous mènera à la Combe Redonde après un passage en foret. Le jours commence à se lever et tout se passe pour le moment correctement. Pas froid ni chaud, la musique dans le casque est entrainante.
Descente jusque Sauclières, au 15ème km. Il y a du public qui nous attend. Gobelet d'eau et la route continue sur un chemin bien boueux et pleins de trous d'eau froide...
Nous continuons à descendre jusqu'au 22ème km à l'entrée de Saint Jean du Bruel.
Commence alors une longue ascension de 14 km pour rejoindre le sommet du mont Guiral. Mon allure de semi commence à me peser, le froid dans le petit matin se fait plus mordant et mon esprit est assailli de pensées négatives que je tente tant bien que mal de contrôler.
Le paysage est celui de flancs exploités pour les résineux et dans le grisailles ce n'est pas très gai..Je me réchauffe avec une petite veste, je fais un arrêt au stand - un rocher se prêtera à mes confidences intestinales, petite photo officielle et hop descente jusque Dourbies (km 44). La foret se révèle pleine de pièges, les cailloux étant masqués par les feuilles.
Les nuages se lèvent et le soleil vient rendre son charme à la foret automnale. Une belle montée en plein dans la pente, quelques mots sur l'échappée belle avec un coureur, une glissade et un doigt tordu me font arriver au premier ravito...
Je vais trouver le kiné qui me "brule " le doigt avec une bombe froide et immobilise avec de l'elasto. Il y a beaucoup de monde et à manger pour un régiment mais surtout de l'eau gazeuse. Quelques tartines de vache qui rit plus tard, je ressort du ravito requinqué...
Je constate alors que la batterie de ma Suunto est au bord, elle, de l'épuisement !!! Nous restons à flanc de coteau sur 4 km environ et je rejoins Trèves sans trop de problème même si la montée est épuisante et la descente cassante pour rejoindre le fond des gorges du Trevezel.
A Trèves, repos mérité au ravito avec du Perrier en prime. Je n'insiste pas trop sur la nourriture et continue avec pain de mie/fromage, ça me réussit plutôt bien.
J'entre dans la dernière partie du tracé et j'assiste amusé à une passe d'arme entre la 4ème et la 5ème féminine sur un chemin en balcon...Cela me permet d'accrocher et d'avancer vers Cantobre. Au passage, je retrouve mon fiston et son "tonton" qui va m'accompagner jusqu'au dernier ravito.
Et là, dès le début de la montée, je cale. A regarder, il n'y a que 200 m de dénivelé positif mais les 10 h de course se font brusquement sentir. Pourtant, tout autour de moi, tout n'est que luxe, calme et volupté. Pas à pas, je rejoins le Causse et après le passage d'une belle blonde, j'entame la descente vers Cantobre, village fortifié qui est perché. Que c'est dur même si je retrouve un peu d'allant dans le descente...Remontée vers le village, je suis épuisé. Mais l'accueil du public et un ravito (fromage/Quezac) bienvenu me redonne du pep's, j'en profite pour alléger mon sac via une assistance improvisée.
Si je crains la dernière montée, annoncée comme interminable, je me rend compte qu'elle est plutôt douce et agréable, sur le causse. 2 gars me passent en trottinant et cela à le don de m’énerver. Je rattape un autre concurrent et lui demande s'il peut me suivre, les jambes se font soudain moins lourdes d'autant plus que nous arrivons au dessus de Nant et que la voix du speaker porte jusqu'à nous.
La descente jusqu'au village est une des plus belle que je n'ai jamais faite, 4 km à fond les ballons, sur de moi, avec deux autres coureurs, plus de crainte de se faire mal. Du plaisir de course...
J'atteins la ligne d'arrivée en 11h28 et en 124ème place. Je suis heureux mais ce bonheur sera de courte durée car une mauvaise nouvelle m'attend, un être cher s'est éteint durant la journée. La fête a un gout amer....Il faut continuer à se battre pourtant envers et contre tout, même si c'est perdu d'avance pour partager encore et toujours !!!!











